Ep 8 | Why I left France at 18 (and came back)

J’ai quitté la France à 18 ans et je ne suis pas revenue pendant presque 20 ans. Dans cette vidéo, je vous raconte pourquoi j’avais besoin de partir, ce que j’ai trouvé ailleurs, et pourquoi j’ai finalement choisi de revenir vivre à la campagne.

Une histoire personnelle racontée en français naturel et spontané — idéale pour les apprenants de niveau intermédiaire qui veulent améliorer leur compréhension orale tout en découvrant la culture française.

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Transcription : Pourquoi j’ai quitté la France à 18 ans

Salut tout le monde, bonjour c’est Pauline, bienvenue sur The French Castle. Aujourd’hui, j’ai envie de faire une vidéo assez spontanée. On est dans le jardin, j’en profite parce qu’il fait assez beau et chaud aujourd’hui, d’où les lunettes de soleil. Et aujourd’hui, je voudrais vous faire part des raisons pour lesquelles j’ai quitté la France très jeune. Et inévitablement, pourquoi je suis revenue aussi. Alors que le futur de l’Europe est assez incertain. Mais voilà, je voudrais déjà commencer par le début.

Donc en fait, je suis partie très jeune, j’avais 18 ans. Alors bien sûr, il y avait beaucoup de raisons personnelles, c’était pas juste à cause de la France. Donc je ne vais pas rentrer dans le côté trop personnel, surtout que quand on est adolescent ou très jeune, on a toujours tendance à penser que la vie est toujours meilleure, plus loin, que l’herbe est toujours plus verte de l’autre côté de la clôture. Et j’avoue que c’était un petit peu aussi mon état d’esprit. Mais en fait, j’avais simplement envie de voir comment était la vie à l’extérieur dans le reste du monde.

Parce que j’avais cette impression que la vie en France était un peu… Je vais essayer d’être diplomate parce que, au fond, je suis française. J’ai l’impression que la vie était un peu plate. Alors bien sûr, aujourd’hui, je me rends compte que c’est un privilège, en fait, de ne pas avoir une vie trop complexe et trop difficile. Mais à l’époque, je me demandais vraiment ce qui se cachait autre part.

J’avais l’impression d’être enlisée dans le train-train, dans les formules de politesse. Et je pense qu’en France aussi, on a une vision, même si on se dit progressiste, d’un côté on l’est, on a une vision de la vie qui est un petit peu toute tracée. Vous voyez ? Donc on va à l’école, quand on a 18 ou 20 ans, on part de chez ses parents, on fait des études, qu’elles soient plus académiques ou plus techniques. En tous les cas, on fait des études. Et avant de rentrer dans la vie professionnelle, pure et dure, en général, on s’arrange pour faire un petit voyage dans le monde juste pour voir. Et après, on peut cocher la case voyage. Et ensuite, on rentre dans cette vie professionnelle. En général, on rencontre quelqu’un, on se marie, on a des enfants.

Et voilà, c’est… Il y a des ouvertures, donc on comprend si quelqu’un veut faire un voyage d’un an dans le monde, tout ça. Mais en général, c’est quand même une progression toute faite. Et moi, je me reconnaissais pas vraiment là-dedans.

[enlève les lunettes de soleil]

Je me reconnaissais pas dans cette vie. J’avais l’impression de pouvoir deviner à l’avance ce que les gens allaient me dire. Et je sentais qu’il y avait quelque chose en plus, ou en fait qu’il y avait quelque chose qui manquait ici. Alors, bien sûr, je vais le répéter. Ce n’était pas forcément peut-être à cause de la France, peut-être juste à cause de la manière dont moi, j’ai été éduquée, la manière dont je suis, en fait, ma personnalité, je ne sais pas, mes expériences, mon vécu, tout ça.

Mais voilà, je suis partie à 18 ans, je ne suis pas allée très loin. Je suis allée en Angleterre, j’ai passé un an là-bas, donc j’ai vraiment appris à parler un bon anglais. Et c’était cool, c’était bien. J’ai rencontré des gens sympas, je me suis amusée, tout ça. Après, je n’ai pas vu une grande différence avec la France, en fait, pour être honnête. C’est quand même assez similaire dans la manière de vivre, dans les valeurs, dans tout ça. Donc c’était pas exactement ce que je cherchais.

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Et ensuite, je suis allée en Allemagne, à Berlin. Berlin, c’était vraiment une autre histoire. C’est une ville qui est très cosmopolite, très ouverte, très artistique. Et j’ai adoré ça. J’ai vécu là-bas quelques années et ça m’a vraiment ouvert les yeux sur beaucoup de choses. La manière dont les gens abordent la vie, la liberté d’expression, la créativité, tout ça. Et puis j’ai aussi vécu en Espagne, qui est un pays que j’aime beaucoup. Les Espagnols ont cette joie de vivre, cette chaleur humaine qui est vraiment particulière.

Et puis, le grand saut, c’est quand je suis allée en Inde. L’Inde, ça a été une expérience vraiment transformatrice pour moi. J’y ai vécu pendant cinq ans. Et c’est là où vraiment j’ai compris beaucoup de choses sur moi-même, sur le monde, sur ce que je cherchais. Parce que l’Inde, c’est un pays qui vous confronte à tellement de réalités différentes, à tellement de manières de voir le monde, que vous ne pouvez pas rester indifférent.

Et une des choses qui m’a beaucoup marquée en Inde, c’est le rapport à la spiritualité. En France, on a la vie douce, on a la vie belle, pas toujours facile, mais ça va. Mais j’ai l’impression qu’on se voile la face parfois. Et on est tous très athées, l’athéisme. Personne ne croit en Dieu, dire qu’on croit en Dieu, c’est presque devenu un gros mot. Alors peut-être que ça change en ce moment, je suis pas sûre. Mais en tout cas, c’est quelque chose qui, je pense, m’a beaucoup manqué quand j’étais petite. Et en Inde, j’ai trouvé ce rapport, je voudrais pas vraiment dire la religion, je suis pas religieuse, mais ce rapport au divin, à ce qui se cache derrière notre expérience quotidienne, ce que ça veut dire, tout ça.

Alors je dis pas qu’ils ont les réponses là-bas, personne n’a vraiment de réponses. Mais au moins, il y a le champ libre pour pouvoir penser à toutes ces choses. Parce que cette relation avec le divin, elle est partout en Inde, dans tous les gestes quotidiens, dans tous les événements de la vie quotidienne. Et donc je me suis plongée un petit peu dans cette ancienne civilisation, dans les textes, dans les différentes sectes. Alors “secte” a pas forcément toujours le sens négatif qu’on lui prête. Des écoles de pensée, on va dire, dans la religion hindouiste et même à l’extérieur, parce qu’il y a énormément de religions païennes, on va dire, ou de religions polythéistes qui ne sont pas Abrahamiques, qui ne sont pas basées sur Abraham, comme la chrétienté, comme le judaïsme, comme l’islam. Et pour moi, ça a été un bol d’air frais, d’avoir accès à ce type de pensée qui est très philosophique, qui est très enrichissant. Et c’est ça, en fait.

Alors bien sûr, l’éternel insatisfaite que je suis. Au bout d’un moment, j’ai eu envie de rentrer en France, alors là, c’était plutôt parce que j’avais envie d’être proche de ma famille, parce que je les avais pas vus depuis longtemps, enfin, pas en intermittence, mais pas sur des périodes prolongées. Et puis c’est vrai que l’Inde, c’est intense, c’est pas facile à vivre au quotidien. Et je pense que ça joue aussi dans leur relation avec le divin, parce que tout peut arriver, tout se casse la gueule tout le temps, si vous me permettez de parler un petit peu en argot. Alors oui, forcément, ça vous force à essayer d’adopter une philosophie de vie qui va vous permettre de garder votre santé mentale, parce que si on a des problèmes tous les jours, il faut trouver un moyen de trouver la force à l’intérieur.

Et j’ai trouvé — oh, c’est un pince-oreille — et j’ai trouvé cette force intérieure en Inde, et je l’ai ramenée avec moi en France. Et c’est vrai qu’au bout d’un moment où je voyageais maintenant depuis 20 ans, j’avais envie d’être proche de mes racines, et je commençais à comprendre ce que c’était d’être français et ce que c’était la France pour moi seulement au bout de tout un voyage un peu presque autour du monde entier. Et j’avais envie de revoir mes paysages, de ressentir cette ambiance que j’avais connue quand j’étais enfant, de retrouver ces endroits, ces sensations, tous ces souvenirs de mon enfance sont revenus, ces étés que je passais chez mes grands-parents à la campagne.

Et donc je suis rentrée et j’ai retrouvé une France qui a des problèmes, bien sûr, ça on peut pas le nier, une France qui a beaucoup de problèmes, une France qui est très divisée, une France où tout coûte cher, ça ça m’a fait une petite claque dans la gueule aussi quand je suis rentrée, une France où tout est cher, une France où personne n’est d’accord, mais j’ai quand même retrouvé cet esprit français qui est toujours là, cet esprit français qui fait que les voisins vont dire bonjour, qu’on va passer des heures à prendre un apéro ensemble et qui, malgré tout, va garder son identité, malgré tout ce qui se passe.

Et je me sens bien ici, je me sens chez moi, je sais pas si j’arriverai un jour à vraiment trouver ma place quelque part, mais en tout cas j’apprécie beaucoup plus cette douceur de vie maintenant que j’ai connu la complexité, les difficultés dans le reste du monde. C’est vraiment un luxe de vivre en France.

Et si on a envie de chercher des informations un peu plus, on va dire philosophiques, on peut quand même trouver les réponses, on peut les chercher en tout cas, maintenant tout le monde a accès, tout le monde est connecté, on peut voyager et rentrer, ça marche aussi, mais j’ai vraiment retrouvé mes racines et cette spécificité qui fait la douceur de la vie en France. Et je suis très reconnaissante d’avoir pu avoir ce moment de lucidité et d’avoir pu revenir, même si je suis riche de mes expériences à l’extérieur.

Mais bien sûr je suis rentrée sous certaines conditions. Je ne voulais pas vivre de la même manière que je vivais avant, forcément j’avais 18 ans, donc je sortais, c’était la fac, j’avais pas vraiment une vie d’adulte et là j’ai voulu vraiment revenir vivre à la campagne. Et je me rends compte que beaucoup de jeunes, beaucoup de trentenaires, maintenant on est les jeunes, 30 ans c’est le nouveau 20 ans, je me rends compte que beaucoup de jeunes font cette démarche aussi d’aller vivre à la campagne et de profiter de la nature, de voir les animaux, de ne pas avoir cette pollution sonore, olfactive tout le temps même si bon la pollution elle est partout, elle est dans les sols, elle est dans ce qu’on mange, elle est partout. Mais ici il y a vraiment cette ambiance de village et de campagne où tout le monde est très ouvert et tout le monde vous accepte et je pense que c’est aussi très différent de la vie en ville. Je pense que si on peut le constater sûrement dans tous les pays du monde.

Voilà, donc pour moi ça a été une période de maturité progressive et je suis prête à faire face aux problèmes de la France maintenant que je suis adulte, maintenant que je suis mûre et que je suis un peu sage, un peu plus sage en tout cas et voilà à faire les potagers avec les amis, à voir la famille, à passer des heures interminables autour du repas, à boire du vin, à manger du fromage et à parler de ci et de ça et en fait il y a beaucoup de gens aussi qui se posent plein de questions sur ce que c’est que cette réalité. Forcément j’étais pas la seule et il y a beaucoup de gens qui font aussi la démarche de trouver des réponses en France donc je pense que ça il s’agissait aussi de trouver le bon groupe de personnes et que je vais finir sur ce point que c’est un privilège de vivre ici et qu’il faut vraiment chérir et protéger ce mode de vie.

Alors si vous avez eu des expériences un petit peu comme ça, vous avez dû partir de chez vous pour vous rendre compte que en fait vos racines étaient bien présentes en vous, et ben n’hésitez pas à les partager en commentaire et voilà moi je vais continuer à profiter de la petite brise, des petits oiseaux, on a même un hamac maintenant dans le jardin, peut-être faire une petite sieste, faire une petite côte de porc, boire un petit coup et puis je vous verrai dans le prochain épisode. Ciao ciao !

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Pauline
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