E1 Paris, ça vaut le coup ?

Today, I’m having a real conversation with a childhood friend who moved to Paris six years ago. She tells me about her daily life in the capital — what it’s really like, beyond the clichés. We talk about why she chose to live in Paris, the cost of living and whether it’s worth it.

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Transcript

Transcription de l’interview : Carole, Parisienne d’adoption


Pauline : Bonjour, alors aujourd’hui je suis avec Carole, parisienne d’adoption, qui est en week-end ici dans la province française. Bonjour Carole.

Carole : Bonjour.

Pauline : Alors ça fait quoi d’être dans la province de la France, un peu en dehors de la capitale pour un week-end ?

Carole : C’est relativement reposant. Le rythme est vraiment, vraiment différent de la capitale. Ici, il y a du vert, les rapports avec les personnes sont plus reposés, on a un retour à l’essentiel.

Pauline : D’accord, malgré la pluie ce week-end, qui nous permet quand même d’admirer un petit peu le paysage sans pouvoir vraiment sortir.

Carole : Mais bon… Nous à Paris, on connaît bien la pluie. Rien de choquant jusqu’ici.

Pauline : Qu’est-ce que tu fais quand il pleut à Paris ?

Carole : Je mets mon K-way. Je prends mon parapluie. Et puis je peux rester soit chez moi, soit prendre un thé dans un café, aller au cinéma, aller dans un centre commercial pour faire mes courses.

Pauline : Est-ce que tu as déjà vécu la canicule à Paris ?

Carole : Oui. Alors la canicule à Paris, c’est pas l’expérience la plus agréable puisque bon, à part d’être dans des endroits qui sont boisés, tu as plus envie de rester en intérieur chez toi, à lire ou à regarder la télé, mais même la télé, des fois, elle peut rajouter de la chaleur. Donc voilà, tu vis enfermé, tu fermes tes volets et t’attends que ça se passe.

Pauline : Il y a de la pollution au quotidien à Paris ? C’est quelque chose que tu as déjà remarqué ou ça se sent pas trop ?

Carole : La pollution de l’air, ça peut dépendre des jours mais oui, parfois l’air, il est un petit peu plus dense que d’autres moments. Avec la chaleur, ça se sent particulièrement. Mais non, après ça dépend des endroits où tu es. Si tu es dans le centre-ville, il peut y avoir un peu plus de la fumée des pots d’échappement, avoir des odeurs justement, de pots d’échappement un petit peu plus souvent. Mais si tu es au bord de la Seine ou dans des parcs ou dans des endroits qui sont un petit peu plus éloignés du centre-ville frénétique, tu le sens pas toujours, non ?

Pauline : D’accord. Tu peux nous expliquer un petit peu ce que tu fais dans la vie, dans les grandes lignes ?

Carole : Je suis consultante en droit de la protection des données et de la cybersécurité. J’accompagne les entreprises à se mettre en conformité pour respecter les droits des citoyens sur les données qui sont traitées chaque jour les concernant par les entreprises et par l’administration. Et je fais de la photographie.

Pauline : Et tu as déménagé à Paris pour le travail justement ou pas ?

Carole : Oui, initialement parce que comme toute grande capitale, les opportunités se concentrent beaucoup sur la capitale. Et puis quand on aime un petit peu l’effervescence et la communication de toutes ces personnes qui vont et qui viennent et qui essayent de développer les idées, les technologies, c’est très intéressant parce que tu es un petit peu dans le centre névralgique de ce développement-là.

Pauline : Je vois. Et tu habites dans quel quartier ?

Carole : À Montmartre.

Pauline : D’accord. Pourquoi tu as choisi Montmartre ?

Carole : J’aime souvent dire que c’est pas moi qui ai choisi Montmartre, mais que c’est Montmartre qui m’a choisie. Un petit peu par le hasard. Et puis parce que je me suis tout de suite bien entendu avec ma propriétaire. Et en effet, je connaissais le quartier qui est vraiment typique du Vieux-Paris et très touristique. Et c’est vrai que c’est un quartier où il y a beaucoup de vie. C’est un quartier très connu. Et c’est le quartier des artistes.

Pauline : Alors le logement, c’est un sujet un petit peu sensible par rapport à la capitale. Est-ce que tu as eu du mal à trouver un appartement ?

Carole : Alors typiquement, quand tu veux trouver un appartement à Paris, tu sais que tu as de grandes chances de rencontrer des difficultés, car nous sommes nombreux en tant que candidats pour chaque proposition de logement. Et on sait que nos dossiers vont être étudiés avec dextérité parce qu’il y a quand même un peu un climat de méfiance économique aussi. Donc oui, tu sais qu’il y aura une sélection et que t’as intérêt à être dans les bons profils.

Pauline : Bien sûr, on sait tous que c’est une ville très chère, comme toutes les grandes métropoles, New York, Londres et tout ça.

Pauline : Est-ce que ça vaut le coup de vivre à Paris ?

Carole : Tout dépend de ce que tu recherches. Ça vaut le coup, oui. Il y a forcément des bons et des moins bons côtés. Les bons côtés, c’est que culturellement, tu es au centre de tout. Tu es au centre des grandes tendances. Tu trouveras des restaurants de toutes les cuisines du monde. Tu trouveras des théâtres un petit peu partout dans la ville avec des représentations, avec des mises en scène de grands classiques littéraires. Tu vas croiser des personnages. Tu vas croiser des personnes qui arrivent avec leur ambition et tu auras des discussions passionnantes avec eux. Mais d’un autre côté, tu as en effet le stress de la grande ville. Tu as en effet ce petit caractère intouchable de ces personnes qui vont et qui viennent. Tu peux ressentir parfois une forme de solitude si toi-même tu n’arrives pas à développer ton cercle. Mais globalement l’offre culturelle, les possibilités de travail et tout cet esprit entrepreneurial peut être assez stimulant.

Pauline : Est-ce qu’on peut quand même profiter de la ville si on ne gagne pas un salaire mirobolant ? Qu’est-ce qu’on peut faire ?

Carole : Pour ma part, j’ai connu un peu les deux situations. Une où j’étais plus en difficulté financière et une où je suis plus aisée. Il y a toujours des choses à faire. Dans le sens où tu peux te suffire à la ville si tu aimes admirer la beauté, l’architecture et flâner dans les parcs le week-end. Après, si tu connais les petits coins, tu auras toujours des petits cafés, des petits bars où tu sais que les prix sont encore pas trop élevés. Et d’un autre côté, si tu as envie d’aller dans des endroits qui sont beaucoup plus prestigieux, tu as aussi ce choix-là, bien sûr. Mais en tout cas, oui, tu peux faire des choses. Il y a beaucoup en plus de vie associative. Il y a quand même beaucoup d’initiatives qui sont là pour essayer d’intégrer les personnes de tous les niveaux sociaux.

Pauline : On parle souvent du mauvais caractère des Parisiens. Est-ce que c’est un stéréotype ?

Carole : Tout dépend. Tout dépend dans quelles circonstances tu approches le Parisien. Si c’est le matin en heure de pointe dans le métro, quand il y a des ralentissements sur les lignes de métro principales, ça peut être assez compliqué. Si tu ne respectes pas les règles implicites du vivre ensemble. Ou quand tu es dans une zone touristique et que tu croises un local et que tu l’approches d’une manière qui ne sera pas délicate, je sais que pour ma part je peux être une typique Parisienne dans ces moments-là et me sentir relativement agacée quand des personnes m’approchent d’une manière que je juge irrespectueuse, sans bonjour, sans rien, à me parler directement dans une langue étrangère comme si j’étais censée toutes les connaître et ne pas même faire un petit effort de parler quelques mots de français. Mais après, entre nous, Parisiens, soit on peut être des personnes qui peuvent être parfois un peu aigries par le stress de nos vies, mais parfois on a aussi ce climat de solidarité où on se comprend aussi, entre nous, notamment, quand on doit être dans un métro blindé.

Pauline : Est-ce que tu te vois vivre à Paris toute ta vie ?

Carole : Au moins partiellement. Il y a ce cliché du Parisien qui aime aller à Deauville le week-end, qui va au Touquet Paris-Plage, qui n’est autre au final que dans le nord ou la Picardie là-bas. Et c’est vrai que, Paris, on y est bien la semaine quand on a des choses à faire, quand on doit travailler et avoir ses petites activités parallèles, sportives, etc. Mais quand le week-end vient, on est très contents de partir, oui. On est très contents d’aller explorer le reste de la France, et justement la Bretagne ou la Normandie, ou ailleurs, ou même finalement de profiter des grands aéroports internationaux qu’on a qui sont généralement à une demi-heure, que ce soit Orly ou Paris Charles De Gaulle, et d’aller s’escaper.

Pauline : Est-ce que tu aurais un conseil pour un étranger qui ait envie ou qui songe à déménager, à venir s’installer à Paris ?

Carole : Il faudrait qu’il fasse un bon travail pour comprendre déjà là où il aurait envie de vivre, dans la ville, et qu’est-ce qu’il peut aussi se permettre au niveau de son budget, parce que tous les quartiers de Paris ne se valent pas. Quand tu es une femme, il y a clairement des quartiers qu’il faut éviter. Donc il faut connaître un peu la géographie de la ville. Et puis après, toujours bien évidemment partir en ayant quelque chose, un travail ou un plan très précis qui peut t’assurer une certaine sécurité financière à court terme. Mais après, si ce n’est finalement d’essayer de comprendre un minimum l’étiquette à la Parisienne, et donc ce fameux savoir vivre ensemble dont je parlais tout à l’heure, normalement l’expérience peut être très agréable, contrairement à ce qu’on pourrait penser, si on est quand même un peu préparé.

Pauline : D’accord. Et la dernière question, est-ce que tu as une petite habitude qui revient souvent dans ta vie et que tu adores ? Un petit resto, peut-être à Montmartre, ou quelque chose que tu te retrouves à faire souvent par plaisir ?

Carole : J’aime beaucoup flâner dans Montmartre le soir, quand les touristes ne sont plus là. Et que la ville s’illumine de mille feux, monter au Sacré-Cœur, et admirer le Paris qui s’endort avec toutes ces petites lumières, et de reconnaître justement certaines figures bien reconnaissables dans ce paysage, comme le Panthéon, comme Notre-Dame de Paris. Et oui, j’ai mes petits cafés habituels, et en vérité, on se reconnaît entre nous. Il y a une vraie petite vie locale, comme si nous étions dans un petit village, mais ça, c’est assez typique de Montmartre. Ce n’est pas typique de tous les quartiers de Paris. Mais moi, j’adore passer de longues heures à marcher dans cette ville qui m’émerveille toujours, en fait.

Pauline : Un petit truc à manger, que tu préfères ?

Carole : La soupe à l’oignon, avec un bon verre de vin rouge, généralement du Saint-Émilion. Et puis après, à Lyon… Paris, pardon, on a d’excellents restaurants asiatiques, dont Tran Tran Zai, qui pour moi, ce n’est pas moi qui le dis, sont les meilleures nouilles sichuanaises de Paris.

Pauline : Très bien. Merci beaucoup pour ces réflexions. Tu rentres quand à Paris ?

Carole : Demain soir.

Pauline : Demain soir. Tu as hâte ?

Carole : D’un certain côté, oui. Je suis toujours contente quand je rentre et que je vois le Sacré-Cœur pointé quand j’arrive vers chez moi, parce que j’ai cette sensation d’être à la maison. Mais après, bien sûr, il y a certaines choses qui me manquent un petit peu moins. Comme un peu des fois la saleté qui peut y avoir dans mon quartier, sur une fin de journée. Ou après qui a été très touristique. Et justement, bon, on a quand même un taux de jours un petit peu plus gris, plus souvent que dans la région Lyonnaise, par exemple. Donc dire que dans certains endroits de la France, il fait très beau et que tu rentres à Paris et qu’il fera gris. C’est un petit peu moins réjouissant. Mais heureusement, nous avons quand même quelques jours, nous aussi, où il fait beau. Ce n’est pas comparé avec nos amis de Londres.

Pauline : Et j’ai oublié de te demander par rapport à la pollution sonore, est-ce que c’est un problème pour toi ?

Carole : Oui, c’est vrai que ça aussi, ça peut être un sujet, dans le sens où dans Paris, il y a souvent des travaux. Ici ou là, des ravalements de façade et que dans certains immeubles, l’isolation sonore n’est pas encore optimale. Mais bon, c’est…

Pauline : On s’y habitue ?

Carole : On s’y habitue. On s’y habitue. Des fois, ça dépend en fait des moments. S’il t’es fatigué et que réellement ils sont en train de faire des travaux le week-end, à côté de chez toi, clairement ça peut t’énerver. Mais il y a des moments aussi qui sont très calmes. Mais c’est vrai que… Non, c’était la période avant les Jeux Olympiques, qui a été très intense en travaux, parce qu’il fallait qu’ils soient prêts avant les Jeux Olympiques. Et pendant les Jeux Olympiques, on avait beaucoup moins de travaux, puisque la ville était en ordre, donc là, c’était très calme. Et les Parisiens, je pense que c’est la période où nous avons eu nos nerfs les plus apaisés de notre histoire. Parce que justement, il n’y avait plus tous ces travaux, enfin, c’est les travaux sur le métro, les travaux de façade, etc. Mais c’est vrai que ça peut parfois faire partie des petits inconvénients aussi, oui.

Pauline : Tu as assisté aux Jeux Olympiques ?

Carole : Alors j’ai fait partie de ces Parisiens qui ont cru bon de fuir au moment de la cérémonie d’ouverture. Mais qui quand je suis rentrée après chez moi, a pu constater qu’il y avait une ambiance très internationale, très bienveillante. Bon, on avait aussi toutes les polices du monde qui étaient présentes. Donc on n’a jamais vu Paris autant en ordre, finalement que pendant les JO, ce qui était assez appréciable. Et puis moi, habitante de Montmartre, j’ai pu bénéficier en direct des courses cyclistes qui avaient lieu et sur lesquelles il y avait plusieurs boucles dans Montmartre. Donc ça, c’était très cool. C’était un petit moment de synergie, de communion entre les Montmartrois locaux et finalement, cette population venue du monde entier pour y assister.

Pauline : D’accord. Ça fait combien de temps que tu habites à Paris maintenant ?

Carole : Plus de 6 ans.

Pauline : Tu te considères Parisienne ? À 100% ?

Carole : Indéniablement. À 100% non, puisque je suis quand même aussi lyonnaise et que c’est une identité assez forte qu’on ne peut renier. Mais comme je dis souvent, je suis une Parisienne lyonnaise. Mais oui, oui.

Pauline : En effet, le fait de vivre à Paris est quand même quelque chose qui s’incruste assez rapidement en toi. Tu prends rapidement des habitudes qui, quand tu quittes Paris, te frappent assez rapidement.

Carole : Oui, comme finalement l’activité le dimanche dans les autres villes de France. Ou le manque d’activité.

Pauline : Exactement, le manque d’activité.

Carole : C’est certain qu’en plus, quand tu vis dans un quartier touristique, on a toujours tout à proximité. Tu peux trouver de quoi te nourrir, même quand tu rentres tard chez toi. Ça fait partie des aspects qui sont très appréciables et surtout qu’en plus, comme je disais, on a cette petite ville locale. Donc quand tu vas dans ton petit café ou ton petit restaurant habituel qui ferme à minuit une heure, même un dimanche soir, et ils te reconnaissent, ils viennent un petit peu faire la conversation avec toi. Et c’est quand même des petits moments qui peuvent sembler assez privilégiés.

Pauline : Eh bien, merci beaucoup, Carole. Profite bien du reste de ton séjour à la campagne.

Carole : Merci.

Pauline : Et merci encore.

Carole : Merci à toi.

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